Crip Club – Les extraits de notre groupe de parole
Le Crip Club, c’est un espace de parole politique, vivant et nécessaire, porté par celles et ceux que le validisme invisibilise trop souvent.
Ici, on partage, on confronte, on nomme les injustices et on reprend la parole. Chaque rencontre est un acte collectif : faire exister nos vécus, affirmer nos droits et transformer la colère en force.
Les textes qui en émergent en sont le prolongement — des paroles incarnées, à lire, à relayer, à faire résonner.
Crip Club #1 - Validisme
« Le validisme nous pousse à croire qu’une technologie est « normale » et qu’une autre est « spéciale ». Nous avons tellement intégré les escaliers que nous les considérons comme naturels — alors qu’une marche n’est pas plus naturelle qu’une rampe. » — Sunaura Taylor (artiste Crip)
Souvent, nous arrivons dans un espace en portant le poids de ce que la société considère comme « normal ».
On nous a appris que s’exprimer d’une certaine manière, avec une certaine vitesse ou une certaine posture, était la norme, et que tout le reste était une « adaptation » ou une demande spéciale.
On nous a appris qu’être présent, c’est être assis droit, immobile et attentif pendant des heures, et que tout autre besoin — s’allonger, bouger, s’isoler ou fragmenter son temps — était une « interruption » ou un manque de discipline.
On nous a appris que les prothèses oculaires étaient des accessoires de mode mais que les prothèses auditives étaient des accessoires honteux.
Au Crip Club, nous refusons de hiérarchiser nos existences. Il n’y a pas ici de besoins « spéciaux » face à des besoins « normaux ». Il n’y a que des êtres humains avec des façons d’être au monde différentes.
Pour refuser cette hiérarchie au quotidien, je peux :
- Cesser de m’excuser pour mes besoins d’accès
- Reconnaître que mes outils (fauteuil, sous-titres, médicaments) sont des extensions légitimes de mon être, pas des « béquilles » honteuses.
- Interroger la « norme » : quand je bloque face à un obstacle, je me rappelle que c’est l’environnement qui est défaillant, pas mon corps.
Aujourd'hui, Je refuse d’être classé. Je m'autorise à prendre ma place, exactement tel que je suis.