Bénévole chez Droit Pluriel, pourquoi pas vous ?

Illustration d'un réseau de personnes


Être bénévole, oui, mais pourquoi ?


En France, 13 millions de personnes ont décidé de s’engager au sein d’une association. Mais quel intérêt ?


La plupart des bénévoles s’engagent pour des raisons personnelles, une satisfaction de se rendre utile, de répondre à des besoins de société, à travers diverses préoccupations (francebénévolat) :

  • Défendre une cause,
  • Faire respecter ses droits et ceux des autres,
  • Rencontrer des personnes partageant les mêmes convictions


L’engagement de nos bénévoles fait partie de la vie de notre association.

C’est grâce à leur soutien, leur engagement, que nous avons pu mettre en œuvre nos projets et participer à une véritable révolution culturelle. En effet, nos bénévoles, concernés de près ou de loin par  par la création une société inclusive, sont plus que jamais indispensables. Nous ne leur dirons jamais assez MERCI.

Alors, pourquoi pas vous ?


Être bénévole chez Droit Pluriel, c’est quoi ?


Vous engager auprès de Droit Pluriel, c’est aujourd’hui, un moyen de faire entendre votre voix sur la question de l’accès au droit des personnes en situation de handicap. C’est aussi un moyen de militer et de faire barrage aux préjugés et aux freins que les citoyens en situation de handicap peuvent rencontrer pour exercer leurs droits. C’est ensemble et maintenant que nous pouvons créer une justice équitable !


Devenir bénévole pour notre association, c’est également le moyen de légitimer nos actions et de prouver que notre combat n’est pas vain, qu’il a du sens !

  • Créer une justice accessible à tous est le fruit de nombreuses démarches. Le résultat d’un long parcours. Ce parcours, nous l’avons traversé avec la bienveillance et la cohésion de toute l’équipe de notre association.

  • Nous sommes en train de renverser des concepts et des théories durablement inscrits dans notre société. Encourageons alors nos politiques publiques à traiter cette question dans les plus brefs délais.


Participez-vous aussi à ces actions et continuons ensemble les actions menant vers une véritable prise en considération de tous les citoyens.


Mais être bénévole chez Droit Pluriel c’est aussi faire partie d’une équipe motivée, dynamique et souriante ! 


Être bénévole chez Droit Pluriel c’est être accompagné par les membres de l’équipe, de l’intégration à la mise en œuvre des actions.

C’est aussi agir selon ses envies, ses compétences, ses besoins et ses disponibilités. Nous nous adaptons à chaque bénévole. Nous partons du principe que votre engagement est déjà une grande avancée.


Découvrez les témoignages de nos bénévoles !


Bien sûr, du bénévolat … ce sont nos bénévoles qui en parlent le mieux !


Voici ce que dit Anne Laure de son expérience de bénévolat chez Droit Pluriel : “Ergothérapeute de profession, je travaille en établissement de soins auprès d’une patientèle variée mais toujours en situation de handicap.

Je me suis engagée en tant que bénévole chez Droit Pluriel car j’étais trop heureuse de trouver de l’épanouissement auprès d’une association qui œuvre contre les préjugés liés au « handicap » et contre les inégalités d’accessibilité au droit, même si le droit n’est pas du tout mon domaine.

Les membres actuels de l’association sont tous résolus à atteindre, ensemble, leurs objectifs. Concernant mes rapports avec eux, ils sont aussi bienveillants qu’arrangeants, me permettant de choisir mes moyens aidants et d’organiser mon temps à leur consacrer comme je le souhaite.

En étant bénévole chez Droit Pluriel, je leur apporte mes compétences quelles qu’elles soient (acquises durant ma formation d’ergothérapeute, du terrain, ou autres). Je trouve vraiment que les projets réalisés et en cours de Droit Pluriel sont de vrais moteurs pour la société.

Alors, comment ne pas les y aider tant que je le peux ?”


Anne, elle, aime être au cœur des activités de l’association : ” En tant que bénévole, je m’occupe de répondre aux courriers des lecteurs, je participe également à différentes missions de l’association. J’interviens un jour par semaine. Grâce à la réunion hebdomadaire de l’équipe je parviens à suivre ce qui se passe même en mon absence. L’équipe est très variée ce qui est une grande richesse et permet à chacun de trouver sa place et de s’investir.”


Nous n’oublions jamais d’être à la disposition de nos bénévoles pour toute question ou tout besoin. Nous sommes ravis de pouvoir compter les uns sur les autres et nous sommes impatients de compter de nouveaux bénévoles au sein de notre équipe.

Alors, rejoignez-nous !

Écrivez à staff@droitpluriel.fr

Partagez:

Les mots du handicap : une évolution à petits pas…


Les mots du handicap dans la loi


Les mots utilisés dans la loi pour décrire les personnes en situation de handicap ont leur importance. Avant les années 1980, en France, les termes “débile mental” ou encore “invalide” étaient couramment utilisés dans la loi et par l’administration. Au fil du temps, ce vocabulaire a évolué pour laisser place à des mots moins violents, et moins stigmatisants.


Retour sur les mots du handicap dans la loi qui ont longtemps décrit le handicap.


Débile mental


La loi du 10 juillet 1987 en faveur de l’emploi des travailleurs a mis en place l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés, et qui a imposé à tous les employeurs d’embaucher au minimum 6% de travailleurs handicapés.


Outre ces dispositions, l’article 9 de la même loi décide que l’appellation de “débile mental”, utilisée dans les textes officiels et administratifs, est supprimée. Elle est remplacée par celle de “déficient intellectuel”. Le terme “débile mental” étant utilisé depuis le 19e siècle environ, il aura donc trainé près de deux cents ans dans les codes et laissé ainsi des traces profondes dans les esprits.


Invalide” & “Infirme


La loi du 30 juin 1975 d’orientation en faveur des personnes handicapées créé une véritable politique publique sur le handicap. Elle instaure trois droits majeurs envers les personnes en situation de handicap :

–             Le droit au travail

–             Le droit à une garantie minimum de ressource

–             Le droit à l’intégration scolaire et sociale


En termes de vocabulaire, le mot « invalide » est utilisé plusieurs fois, notamment à l’article 39.

On note également l’utilisation du mot “infirmité” pour désigner “les personnes atteintes d’un invalidité ou d’une infirmité reconnue incurable” à l’article 52, et l’emploi des expressions “infirme”  et “grand infirme” à l’article 59. Ces articles seront abrogés par une ordonnance du 21 décembre 2000, qui supprimera l’utilisation d’ “infirme” et d’ “invalide” dans la loi.


Qui peut accepter d’être invalide, synonyme de « non valable » dans le dictionnaire ?


Incapable


Le terme “incapable” figurait dans plusieurs codes, dont le code civil, jusqu’à la loi du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs. Son article 3 énonce notamment que « dans la deuxième phrase du premier alinéa de l’article 60 du […] code [civil], le mot : “incapable” est remplacé par les mots : “mineur ou d’un majeur en tutelle“. De manière générale, le terme “incapable” disparait de tous les codes juridiques, et n’est plus utilisé aujourd’hui.


2007, il en faut du temps pour que les choses avancent …


Et aujourd’hui ?


Désormais la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées parle de « personnes handicapées ». C ‘est mieux, mais peut mieux faire encore. Pour rappel, le mot handicap renvoie dans le dictionnaire Larousse à l’infériorité.


Notre action auprès du Robert a fait changer les choses. Ne lâchons pas les mots, ils doivent s’inscrire dans les luttes à mener !

Partagez:

Droit Pluriel s’investit au sein du Grenelle des violences conjugales

A l’heure ou nous rédigeons cet article, 113 femmes sont décédées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint en 2019 en France.

C’est pour endiguer ces violences que le gouvernement a lancé début septembre un « Grenelle des violences conjugales ».

12 groupes de travail thématiques réunissant acteurs de tous horizons sont chargés d’élaborer des solutions pratiques ( Violences intrafamiliales ; Accueil au commissariat / brigade de gendarmerie ; Éducation / prévention ; Outre-mer ; Santé ; Handicap ; Travail ; Coopération 115 – 3919 ; Justice ; Violences psychologiques et emprise ; Violences post séparation ; Violences économiques.)

Droit Pluriel lors d’un groupe de travail sur la thématique du handicap, en septembre 2019.

Anne-Sarah Kertudo, Samantha Leriche et Marion Doé de Droit Pluriel interviennent dans trois de ces groupes : “Accueil au commissariat et gendarmerie”, “Handicap” et “Justice” afin de faire entendre l’urgence de solutions accessibles à toutes.

Pour qu’il soit efficace, ce grenelle se doit de lutter contre les violences faites à toutes les femmes : les situations des femmes handicapées doivent être prises en compte, et les aménagements et infrastructures leur être accessibles.

Les femmes en situation de handicap sont encore plus concernées par les violences.

Droit Pluriel souligne l’importance d’un accueil accessible et de dispositifs accessibles à toutes, quel que soit son handicap. Cela passe notamment par la formation des professionnels, une campagne d’information accessible et ciblée, et la mise en place d’aménagements : visio-interprétation, marquage au sol, rampes d’accès …

Des préconisations concrètes devraient être annoncées fin octobre 2019. Le ministère décidera ensuite des mesures déployées en novembre 2019.

Nous ferons tout pour que la voix des femmes en situation de handicap soit entendue !

Partagez:

La Convention Internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées : quels effets concrets ?


La convention internationale relative au droit des personnes handicapées, c’est quoi ?


xLa Convention Internationale relative aux Droits des Personnes Handicapées, aussi appelée CIDPH, est un traité international adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU) le 13 décembre 2006. Son but est de « promouvoir, protéger et assurer la pleine et égale jouissance de tous les droits de l’homme et de toutes les libertés fondamentales par les personnes handicapées et de promouvoir le respect de leur dignité intrinsèque » [1].


La CIDPH est unique en son genre : c’est la seule convention internationale s’intéressant directement aux droits des personnes handicapées. Pourtant, elle ne créée pas de nouveaux droits spécifiques aux personnes handicapées, mais plutôt applique les droits humains déjà existants aux personnes en situation de handicap.


Ainsi, a-t-elle une utilité concrète, notamment au regard de la France, alors même que les droits inscrits dans la convention sont déjà consacrés ?


La réponse est en demi-teinte : la CIDPH est essentielle, son utilité ne résidant pas uniquement dans les droits qu’elle précise, mais aussi dans les concepts qu’elle définit et sa ratification par un très grand nombre d’États. Pourtant, son application en France, bien que directe en théorie, ne manque pas de lacunes, constatées dans le dernier rapport de la rapporteuse sur le droit des personnes handicapées Catalina Devandas-Aguilar en mars 2019.


Une convention ayant braqué les projecteurs sur le besoin de lutter contre les discriminations faites aux personnes en situation de handicap


La création de la CIDPH ne vient pas de nulle part : elle s’inscrit dans une véritable volonté de l’Organisation des Nations Unies (ONU) de reconnaître les discriminations envers les personnes en situation de handicap, et d’y remédier. L’année 1981 est « l’année internationale des personnes handicapées » au sein de l’AGNU.


En 2001, un comité est mis en place, chargé de rédiger une convention qui protège les droits et la dignité des personnes handicapées. Le projet est arrêté en 2006 et deviendra la Convention que l’on connait aujourd’hui. Au final, la Convention comporte 50 articles. Elle ne consacre pas de nouveaux droits civils, politiques ou sociaux : l’égalité devant la loi, le droit à la reconnaissance de la personnalité juridique ou encore l’égalité devant les tribunaux et la justice sont déjà garantis par la Charte Internationale des Droits de l’Homme [2], à tous, en situation de handicap ou non. Pourtant, la CIDPH adapte ces droits au champ du handicap, et provoque une véritable prise de conscience de la communauté internationale sur les discriminations dont les personnes en situation de handicap sont trop régulièrement victimes.


En effet, la CIDPH devient la première convention internationale majeure en droits humains proposée par l’ONU au 21e siècle. Elle est aussi la première convention internationale ouverte à la ratification par les Organisations d’Intégration Régionale (telles que l’Union européenne, qui ratifiera la Convention le 23 décembre 2010). En outre, la Convention bat tous les records de signatures : lors de son ouverture à la signature le 30 mars 2007, on compte 82 signataires pour la Convention, 44 pour son protocole facultatif et une ratification. C’est, à ce jour, le nombre le plus élevé de signatures lors du jour de l’ouverture à la signature d’une convention de l’ONU.


Les Nations Unies parlent elles-mêmes de « mutation » dans les attitudes et les stratégies envers les personnes handicapées. On notera également que les États-Unis, connus pour leur réluctance à signer des traités protégeant les droits de l’Homme, signent la convention le 30 juillet 2009. En tout, ces derniers n’ont signé que 3 conventions relatives aux droits humains, dont la dernière fois remonte à 1987. Barack Obama avait déclaré lors de sa signature que « les droits des personnes en situation de handicap sont des droits qui doivent être universellement reconnus ».

Suivant cet engouement, la Convention compte à ce jour 180 États partie.


Une convention ayant consacré une nouvelle vision du handicap


La CIDPH n’est pas seulement unique sur la forme : elle marque également un changement de paradigme sur la vision et la définition du handicap.

L’article 1 de la Convention définit les personnes handicapées comme des personnes qui « présentent des incapacités physiques, mentales, intellectuelles ou sensorielles durables dont l’interaction avec diverses barrières peut faire obstacle à leur pleine et effective participation à la société sur la base de l’égalité avec les autres. »


On quitte donc la vision « médicale » du handicap, le handicap ne réside plus dans l’incapacité du corps, mais bien dans l’interaction avec la société. Ainsi, l’environnement de la personne, « au même titre que les incapacités de la personne, est responsable et coproducteur de la situation de handicap dans laquelle peut se trouver la personne handicapée. »[3] Cette définition du handicap est différente de celle consacrée dans la législation française, qui voit le handicap comme une déficience et le définit comme « toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »[4]


On note également dans cette convention plusieurs concepts spécifiques qui ne sont pas, ou trop peu reprit dans le droit français. Comme l’écrit la rapporteuse du Comité pour les Droits des Personnes Handicapées dans son dernier rapport, la loi [française] « ne fait pas référence aux droits fondamentaux tels que les droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne, ni au droit à la reconnaissance de la personne juridique dans des conditions d’égalité et au droit de jouir de la capacité juridique sur la base de l’égalité avec les autres »[5], pourtant tous consacrés dans la Convention. Excepté dans le domaine de l’emploi, la législation ne prévoit pas la mise en place « d’aménagements raisonnables » pour les personnes en situation de handicap, requis à plusieurs reprises dans la CIDPH en tant que concept central permettant d’atteindre l’égalité. Le concept d’accessibilité, lui aussi très important dans la CIDPH, n’est pas entièrement repris dans le droit français. L’article 9 énonce que les États parties à la Convention doivent prendre « des mesures appropriées pour leur assurer, sur la base de l’égalité avec les autres, l’accès à l’environnement physique, aux transports, à l’information et à la communication, y compris aux systèmes et technologies de l’information et de la communication, et aux autres équipements et services ouverts ou fournis au public ».

Nous sommes donc en droit de nous demander quelle est l’utilité de la CIDPH en France ?


Le Défenseur des Droits et le comité des droits des personnes handicapées, outils à disposition des citoyens pour lutter contre les discriminations


La CIDPH est bel est bien appliquée et applicable en France : selon l’article 55 de la Constitution française, le droit international et européen se place en haut de la pyramide des normes, et par conséquent, au-dessus des lois françaises. Ainsi, toute loi française devrait respecter les engagements internationaux de la France, dont la CIDPH, ratifiée le 18 février 2010. De plus, la CIDPH a été ratifiée par l’Union européenne.


Au niveau national, c’est le Défenseur des Droits qui a été désigné comme mécanisme indépendant chargé du suivi de l’application de la Convention. Depuis 2010, ce dernier a mené de nombreuses activités visant à faire connaître et à promouvoir la CIDPH, aussi bien au niveau des professionnels du droit que des citoyens. Le Défenseur des Droits coordonne, en lien avec la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), le Conseil français des personnes handicapées pour les questions européennes et internationales (CFHE) et le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), le suivi de l’application de la Convention dans le cadre d’un Comité de suivi.


Le Comité de suivi de la CIDPH se réunit régulièrement afin de définir les stratégies et priorités dans le suivi de la mise en œuvre et de la promotion de la Convention à l’échelle nationale. On peut citer parmi les axes majeurs la sensibilisation et la lutte contre les violences faites aux femmes en situation de handicap, l’application directe de la Convention dans le droit français, ou encore la protection juridique des majeurs vulnérables.


Au niveau de l’ONU, c’est le Comité des Droits des Personnes Handicapées qui veille à l’application de la Convention dans chaque État partie, y compris en France. La France a de plus ratifié le protocole facultatif se rapportant à la Convention, permettant ainsi aux ressortissants français de saisir le Comité des Droits des Personnes Handicapées s’ils s’estiment victimes d’une violation des dispositions de la Convention, sous plusieurs conditions. Les justiciables doivent notamment avoir épuisé toutes les voies de recours internes avant de faire appel au Comité.


Le Comité examine donc les demandes transmises par les particuliers ou groupes de particuliers. Après examen de la communication et enquête auprès de l’État mis en cause, le Comité émet des recommandations afin que l’État prenne les mesures appropriées pour remédier à la situation. Ces recommandations n’ont cependant pas de caractère contraignant, mais sont des indications précieuses pour l’État concerné. Ainsi, la France peut choisir de ne pas suivre ces recommandations : on l’a vu récemment dans l’affaire Lambert.


Le comité des Droits des Personnes Handicapées a aussi le devoir de contrôler l’application de la Convention dans chacun des pays l’ayant ratifiée. Chaque pays doit rendre un rapport sur l’application nationale de la Convention, au plus tard deux ans après sa ratification. Ensuite, le Comité fait une visite dans le pays, s’appuie sur plusieurs documents et rend ses conclusions finales quant à l’application nationale de la Convention.



La France a rendu son rapport avec 4 ans de retard, en 2016 (alors que la date limite était de 2012). La rapporteuse spéciale pour le droit des personnes handicapées a rendu son rapport final en mars 2019. Si elle souligne de nombreux efforts, le bilan de la France reste en deçà des objectifs fixés par la Convention.


La CIDPH en France : des efforts à poursuivre


Malgré ces efforts et mécanismes, la France reste à la traîne en matière d’application des dispositions de la Convention. La Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées, Catalina Devandas-Aguilar, a effectué une visite en France du 3 au 13 octobre 2017, dans le cadre du suivi de l’application de la Convention par le Comité des droits des Personnes Handicapées. Le comité a rendu ses observations générales cette année.


La rapporteuse note ainsi une volonté de coopération importante de la part de la France, qui s’est «  engagée à renforcer son action en faveur des droits des personnes handicapées [et] a accepté huit recommandations relatives au handicap et a accepté partiellement une recommandation portant expressément sur le droit de vote des personnes handicapées ».[6] Elle a en outre salué les efforts du gouvernement, qui a mis en place plusieurs plans d’actions pour l’égalité de traitement des personne en situation de handicap et a fait du handicap une priorité.


Pourtant, le rapport ne se montre pas tendre avec la France. La rapporteuse constate que l’accessibilité des lieux, qui devait être mise en place en 2005 puis 2015, n’est toujours pas effective dans de très nombreux cas. Sur un million d’établissements ouverts au public, 300 000 seulement étaient accessibles en 2016.


Pire, de nombreux citoyens se sont plaints de ne pas avoir accès à l’éducation, la justice, à la santé, ou aux transports publics. L’accessibilité en ligne ne fait pas mieux : trop peu de textes et contenus accessibles, et trop peu de personnels formés à la Langue des Signes sont disponibles.
La liste des obstacles à l’application de la Convention est longue, et touche de très nombreux domaines : participation des personnes handicapées dans la vie publique, éducation, travail, protection sociale, autonomie de vie et inclusion dans la société, santé, accès à la justice…


Face à ce rapport mettant la France devant ses responsabilités, le Comité a soumis une quarantaine de propositions au gouvernement pour remédier à un système mettant les personnes handicapées à l’écart de la société. Il est ainsi suggéré « de fermer progressivement tous les établissements pour personnes handicapées et de transformer les services actuellement offerts aux personnes handicapées en services de proximité », de construire un système éducatif inclusif, ou d’offrir des formations sur le droit des personnes handicapées aux futurs professionnels de la justice.


Certaines recommandations semblent en route : le gouvernement a fait de l’école inclusive une priorité de la rentrée scolaire 2019, et le Défenseur des Droits s’est associé dès le départ à Droit Pluriel dans le cadre du projet « Professionnels du droit et Handicap », qui vise à former les professionnels du droit à l’accessibilité (lien hypertexte)


Ainsi, même si la CIDPH est théoriquement effective en France et son application surveillée de près à la fois par le Défenseur des Droits et le Comité des droits des Personnes Handicapées des Nations Unies, il nous faudra encore attendre avant de constater une application pleine et effective de ses dispositions.

Sources :

Comprendre la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, Marianne Schulze , Editions Handicap International, juillet 2010.

Rapport de la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées (A/HRC/40/54/Add.1), mars 2019.

Guide – La Convention relative au droit des personnes handicapées, Défenseur des Droits, décembre 2016.


[1] CIDPH, article 1.

[2] Composée du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR) et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (ICESCR), et de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH).

[3] Guide – La Convention relative au droit des personnes handicapées, Défenseur des Droits, décembre 2016.

[4] Article L114 du Code de l’action sociale et des familles

[5] A/HRC/40/54/Add.1 , p.6.

[6] A/HRC/40/54/Add.1 , p.4.

Partagez:

L’accessibilité, c’est aussi à la plage

C’est la rentrée !

À cette occasion et pour prolonger (un peu) les vacances, Droit Pluriel vous emmène dans un tour de France et d’Europe des plages au top de l’accessibilité. Parce qu’une société accessible à tous, c’est aussi au bord de l’eau !

1 : Naupacte, en Grèce

Nous ne pouvions pas présenter de plage accessible sans faire mention de la ville de Naupacte, en Grèce. Julien, bénévole de notre équipe, a tout de suite remarqué les équipements permettant à chacun de se glisser dans l’eau.

2 : Cannes, en France

“Bijou Plage” est, depuis plusieurs années, un modèle en terme d’accessibilité. Cette Handiplage cannoise propose, en plus de ses jolis paysages, système audioplage, rampe de mise à l’eau, ligne guide pour les non-voyants et main courante en continu, lève-personne, tiralos et hypocampes.

3 : Isla Cristina, en Espagne

La localité d’Isla Cristina, en Andalousie, comporte trois plages accessibles parmi les meilleures d’Espagne. Sur ces vastes plages naturelles, on trouve notamment une équipe de sauveteurs dédiée à l’accessibilité, des sanitaires adaptés, et tous les équipements nécessaires à la baignade de chacun.

Et vous, vous avez des plages et endroits accessibles à tous à recommander ?
N’hésitez pas à nous en faire part et/ou partager vos photos de lieux permettant l’accès aux loisirs à tous !

Partagez:

Les courts-métrages de la mission Professionnels du Droit & Handicap sont dans la boite !

La semaine dernière s’est déroulé le tournage des courts-métrages pour la mission ” Professionnels du Droit et Handicap “. Ces derniers serviront à former et à sensibiliser les professionnels du droit à l’accessibilité.

Retour en image sur deux jours placés sous le signe de la justice accessible !

Jour 1 : matin

Premier jour sur le plateau : on commence par le tournage du troisième court-métrage, qui s’intéresse à la présomption d’incapacité.

On écoute les expériences d’Ali, Samuel, Muriel et Delphine, tous en situation de handicap et tous confrontés à l’inaccessibilité de la justice.

Une première matinée chargée pour nos comédiens !

Jour 1 : après-midi

C’est au tour de Madame Garin, incarnée par Anne-Sarah Kertudo, de se rendre chez son avocat. Aidé par sa consœur, ce dernier fait de son mieux pour accueillir sa cliente non-voyante. Le résultat sera-t-il au rendez-vous ?


On vous laisse juger par vous-même ci-dessous !

Jour 2 : dernier jour de tournage …

… Et dernier court-métrage ! C’est cette fois le handicap invisible qui est à l’honneur. Nous suivons l’arrivée de deux huissières de justice chez Monsieur Cazalet, autiste.

Un challenge surprenant pour le client comme pour les deux professionnelles.

Les deux professionnelles s’apprêtent à entrer chez leur client, monsieur Cazalet.

Nous vous tiendrons au courant de la suite des courts-métrages très bientôt !

Merci à tous les comédiens et toute l’équipe technique pour leur investissement.

Pour en savoir plus sur la mission ” Professionnels du droit et handicap”, c’est ici ou sur nos réseaux sociaux (Facebook, Instagram…)

à très vite pour une justice accessible !

Partagez:

Parents handicapés face à la justice : le parcours du combattant

La projection débat de "Parents à Part Entière !" à la Maison des Avocats de Lyon, le 17 juin 2019.

« Si vous ne voyez pas ce que j’ai dans la main, vous ne pouvez pas avoir la garde de votre enfant » a affirmé la juge aux affaires familiales à Mickael.

Ce témoignage édifiant est extrait de « Parents à part entière », documentaire dont Droit organise la tournée dans les Ordres d’Avocat en France.

Nantes, Lyon, et Paris ont déjà accueilli cette soirée qui permet la rencontre entre professionnels du droit et personnes aveugles. Au total, 12 projections seront organisées sur l’année 2019 : autant de soirées qui permettront de faire tomber les préjugés sur la parentalité des personnes handicapées.

Ce projet fait émerger des témoignages que nous recevons depuis le début de la tournée. Il était urgent de donner la parole aux parents confrontés à une justice qui a du mal à les croire capables du fait de leur handicap.

S. a témoigné à Lyon. Son combat pour conserver la garde de ses enfants au cœur d’une machine judiciaire qui n’avait jamais envisagé son rôle de parent    « Lors de mon divorce, j’ai dû prouver, certificat après certificat, que je donnais à manger à mes enfants, que je les lavais, que je les emmenais chez le médecin quand ils étaient malades, que j’étais une mère, responsable et aimante. Aveugle et mère, j’ai dû prouver que c’était possible.  Et j’ai gagné : j’ai obtenu la garde partagée. Malgré les attaques de l’avocat de mon ex-mari, qui instrumentalisait ma cécité, j’ai gagné la confiance de la justice. Huit ans plus tard, le père des enfants a voulu m’atteindre en réclamant la garde exclusive. Les enfants allaient très bien, leurs résultats scolaires étaient excellents, il n’y a eu aucun souci pendant ces huit années. Pourtant, devant le juge, j’ai du à nouveau prouver que j’étais capable. Ces mêmes certificats humiliants m’ont été réclamés. »

Les parents handicapés racontent ces expériences d’une justice traumatisante qui présuppose leur incompétence parentale. C., atteinte d’un trouble d’élocution, raconte comment à aucun moment de la procédure, on s’est adressée à elle. Comment, enfin, son avocate, un peu gênée, lui a demandé de fournir un certificat médical prouvant que son état psychiatrique était compatible avec la garde de son fils. « J’ai des difficultés à prononcer les mots suite à mon AVC, c’est tout. Quel rapport avec la psychiatrie ? »

V., elle, est sommée de fournir des certificats médicaux prouvant que l’évolution de son cancer ne l’empêche pas de s’occuper de ses filles.

« Si un jour, ma maladie met en danger mes enfants, je saurais prendre les mesures nécessaires, je n’aurais pas besoin de l’injonction d’in juge. »

Il faut le répéter encore et encore : on peut être aveugle, sourd, en fauteuil, autiste … et être parent !

Nos partenaires sur la tournée du documentaire “Parents à Part Entière !’ dans les Ordres d’Avocats en France.
Partagez:

Mission “Professionnels du Droit et Handicap” : des progrès à consolider

Remise du Prix "Changer le Regard" à l'Association Droit Pluriel


La mission “Professionnels du droit et handicap”, soutenue par la Fondation Handicap Malakoff Médéric et accompagnée par le Défenseur des Droits, a été récompensée par le CCAH (Comité national Coordination Action Handicap) dans la catégorie « changer le regard ».


Cette mission vise à former les professionnels de la justice à l’accessibilité.


En effet, l’accès des personnes handicapées au droit et à la justice est compliqué : outre les conditions matérielles qui peuvent l’entraver, certains obstacles à l’exercice des droits peuvent trouver leur origine dans la relation entre professionnels et justiciables.


Deux axes de formation sont privilégiés : améliorer les connaissances sur l’accessibilité d’une part, et faire évoluer les représentations autour des situations de handicap d’autre part.

Nous remercions chaleureusement la Fondation Handicap Malakoff Médéric, qui a choisi de s’investir dès le début pour une justice accessible à tous, et de soutenir ce projet.


Nous remercions également le CCAH pour cette distinction.


Découvrez la présentation de l’association et du projet en images réalisée par le CCAH :


Ressources :

>> Le site de la Fondation Handicap Malakoff Médéric

>> Le site du Défenseur des droits

>> La présentation de la mission “Professionnels du droit et Handicap”

Partagez:

Journal de la tournée “Parents à Part Entière !” : Lyon


Droit Pluriel lance, en partenariat avec le CNB et avec le soutien de l’UNADEV et le fonds de dotation Lucie Care la tournée du documentaire « Parents à part entière ! » dans les Ordres d’Avocats de France.


L’objectif : favoriser la rencontre entre personnes aveugles et professionnels du droit.


Mieux connaître le projet : http://droitpluriel.fr/lancement-de-la-tournee-parents-a-part-entiere/


Les enjeux : le handicap, on en parle, les discours et les déclarations se succèdent. Voici un projet concret, qui peut renverser les préjugés, faire avancer réellement le regard et les pratiques. Mais comment cela se déroule sur le terrain ? On vous raconte


Deuxième étape de notre tournée : Lyon, le 17 juin 2019.

De gauche à droite : Joëlle Forest-Chalvin, avocate et présidente de la commission accès au droit du Barreau de Lyon ; Anne-Sarah Kertudo, directrice de Droit Pluriel ; Farid Hamel, avocat et bâtonnier du Barreau de Lyon ; Robert Kuiesine, responsable UNADEV Rhône-Alpes et Sylvain Thouret, avocat et président de la commission famille et patrimoine du B arreau de Lyon.

De gauche à droite : Joëlle Forest-Chalvin, avocate et présidente de la commission accès au droit du Barreau de Lyon ; Anne-Sarah Kertudo, directrice de Droit Pluriel ; Farid Hamel, avocat et bâtonnier du Barreau de Lyon ; Robert Kuiesine, responsable UNADEV Rhône-Alpes et Sylvain Thouret, avocat et président de la commission famille et patrimoine du B arreau de Lyon.


Les préparatifs :


Le Barreau de Lyon s’est mobilisé bien en amont et a activement relancé les avocats. L’UNADEV a annoncé la soirée auprès de ses adhérents et sympathisants. Les retours sont nombreux, on sait qu’il y aura du monde. Le collectif « Être ParHands » de l’APF a contacté Droit Pluriel : le combat des parents en situation de handicap, c’est aussi le leur. Ils seront là ! Une belle soirée s’annonce…


La soirée :


Après la diffusion du documentaire, la soirée démarre par le témoignage bouleversant de Souhila Omar. Ses enfants étaient petits quand elle s’est séparée de son mari voyant. Elle a produit tous les certificats prouvant que, non voyante, elle était une vraie mère : elle a demandé à la maîtresse d’école, la boulangère, à tous ceux qui la voyaient au quotidien s’occuper normalement de ses enfants. Est-il normal d’éprouver cela alors que rien en face ne mettait en cause sa bonne éducation, le soin et l’amour qu’elle portait à ses enfants ?
             
Souhila a gagné malgré une assignation qui la qualifiait de « non voyante à 100% » : ce sera une garde alternée.


Des années après, son mari remet en branle la machine judiciaire et Souhila, la voix tremblante de colère, nous raconte comment, après huit ans de garde alternée sans aucun incident, sans aucun accident, elle doit à nouveau prouver qu’elle est capable d’être mère. !


La Vice-Bâtonnière Joëlle Forest-Chalvin dénonce en effet la présomption d’incapacité que la justice fait parfois peser sur les personnes du fait de leur handicap. « Il faut avancer ! » s’exclame-t-elle.

Güler, étudiante en droit, non voyante, interroge les modalités de l’examen d’entrée à l’école d’avocats qui compte parmi ses critères d’évaluation la vitesse de lecture.  Malgré le temps supplémentaire auquel elle a le droit, Güler ne comptera jamais parmi ses qualités la vitesse de lecture. Et est-ce vraiment cela qui fait un bon avocat ?


Les témoignages ont rempli la Maison des Avocats de l’urgence de voir reconnaître aux parents en situation de handicap le droit d’élever et d’aimer sereinement leurs enfants.


On ne peut pas avoir peur de se voir retirer ses enfants du simple fait de son handicap.

Le débat bat son plein entre professionnels et le public après la diffusion de “Parents à Part Entière !”


Perspectives ?


La soirée est réussie. La qualité des intervenants a été saluée. Merci à eux.


La prochaine diffusion de notre documentaire aura lieu lors du Grenelle « Droit et Handicap » le 28 juin à Paris (Maison de la Mutualité), à partir de 10 heures.

Le prochain rendez-vous est essentiel : il réunit à la Maison de la Mutualité tous les avocats de France. C’est un événement d’ampleur, voulu par le Conseil National des Barreaux. L’UNADEV sera bien sûr présente, et on espère entendre vos témoignages qui feront encore progresser les avocats dans leurs représentations et leur connaissance de la diversité humaine.


En bonus, il y aura l’exposition de Droit Pluriel « Tes Yeux sur Mes Oreilles », parcours sensoriel autour de la surdité. C’est ouvert à tous, c’est gratuit et c’est un moment convivial que nous vous invitons à partager !


Nos partenaires :


Partagez:

Journal de la tournée “Parents à Part Entière !” : Première étape à Nantes !

Mathieu Annereau, Bruno Carriou, Anne Sarah Kertudo et Louis-Georges Barret lors de la soirée à Nantes


Droit Pluriel lance, en partenariat avec le CNB et avec le soutien de l’UNADEV et le fonds de dotation Lucie Care la tournée du documentaire « Parents à part entière ! » dans les Ordres d’Avocats de France.


L’objectif : favoriser la rencontre entre personnes aveugles et professionnels du droit.


Mieux connaître le projet : http://droitpluriel.fr/lancement-de-la-tournee-parents-a-part-entiere/


Les enjeux : le handicap, on en parle, les discours et les déclarations se succèdent. Voici un projet concret, qui peut renverser les préjugés, faire avancer réellement le regard et les pratiques. Mais comment cela se déroule sur le terrain ? On vous raconte


Première étape : Nantes, le 5 juin 2019.

Mathieu Annereau, Bruno Carriou, Anne Sarah Kertudo et Louis-Georges Barret lors de la soirée à Nantes
Matthieu Annereau, Bruno Carriou, Anne-Sarah Kertudo et Louis-Georges Barret lors de la première de “Parents à Part Entière !”, le 5 juin à Nantes.


Les préparatifs :


La tournée démarre au Barreau de Nantes. Première étape, premier test. Ce Barreau ne s’annonçait pas comme la soirée la plus simple de la tournée : c’était la première, nous n’avions pas la confiance acquise par l’expérience et aucune certitude que les publics soient touchés par l’information. Bref, allions-nous nous retrouver devant une salle vide ?


Le barreau de Nantes nous avait laissé le soin de l’organisation technique de la soirée. Nous voici donc à la descente du train, les bagages dans une main, un caddie plein à ras bord dans l’autre, 50 kilos de pain perdus, sandwichs et verrines en tout genre, direction le Barreau de Nantes.


La soirée :


Le Bâtonnier Bruno Carriou a ouvert la soirée en insistant sur l’importance de la question du handicap. Il souligne les actions du Barreau sur un thème proche : l’égalité femmes hommes et rappelle que le handicap n’est pas un sujet proche mais concerne précisément l’égalité des droits.


Louis-Georges Barret, avocat membre du Conseil de l’Ordre, connu pour son engagement indéfectible pour l’accessibilité, a pris plusieurs fois la parole dans ce qui a constitué les moments forts de cette soirée. Il raconte une anecdote extraordinaire sur le restaurant Le Reflet, dont il est l’un des fondateurs : Il décrit ses salariés démunis à la lecture de leur contrat de travail. Les neuf articles leurs paraissaient incompréhensibles. De fait, handicap intellectuel ou non, il faut reconnaître que le droit a du mal à se mettre à la portée de chacun. Louis-Georges Barret ne se laisse pas arrêter par ces traditions élitistes : il « traduit » les neuf articles en français accessible et permet ainsi aux travailleurs de comprendre ce pourquoi ils s’engagent. Bravo !


Mathieu Annereau, Radhia Essassi, Anne Sarah Kertudo et Bruno Carriou lors de la soirée à Nantes
Matthieu Annereau, Radhia Essassi, Anne Sarah Kertudo et Bruno Carriou lors de la première de “Parents à Part Entière !”, le 5 juin à Nantes.


Matthieu Annereau, président de l’APHPP (Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées), lui-même non voyant, parle de la réalité des personnes aveugles et des adultes voyants qui interdisent aux enfants de poser des questions (« pourquoi le monsieur il a une canne blanche ? ») Matthieu nous rappelle l’importance d’expliquer, d’énoncer, de ne pas avoir peur de dire.


Radhia Essassi, enfin, coordinatrice du Conseil Départemental d’Accès au Droit de Loire-Atlantique, montre par des exemples très parlants comment les professionnels peuvent créer, faire preuve d’inventivité pour adapter les structures à tous. Elle raconte avec une conviction qui emporte le public la création d’une permanence juridique bilingue en langue des signes pour permettre aux Sourds de Loire-Atlantique de connaître leurs droits. Des professionnels qui font avancer la justice, ça fait du bien !


Verdict ?


Et le public ? Le Bâtonnier a déploré l’absence des avocats à cet événement.  On a senti que lui-même prenait toute la mesure de l’enjeu et l’urgence de sensibiliser ses confrères : « Nous ferons encore plus et mieux demain ! ». L’AVH (association Valentin Haüy) est représentée par l’une de ses membres, qui témoigne du manque d’information du grand public concernant la cécité, de la nécessité de former et d’informer pour que les gens comprennent qu’on peut être aveugle et mener une vie normale.

Dans le public, chacun réagit pour dire ce qui l’a touché dans le film. Des questions sont posées sur la cécité, ses conséquences : enfin les tabous sont levés.


Bruno Carriou s’entretien avec Louis-Georges Barret. Il suggère la création d’une Commission Accessibilité.


Conclusion : on a eu peur d’une salle vide, mais le public était présent. La qualité des intervenants a été saluée. Merci à eux.


Prochaine étape : le barreau de Lyon, lundi 17 juin à la Maison des Avocats.

Prochaine étape : projection débat à la Maison des Avocats de Lyon le 17 juin
Prochaine étape : projection débat à la Maison des Avocats de Lyon le 17 juin.


Nos partenaires :


Partagez: