Bénévole chez Droit Pluriel, pourquoi pas vous ?

Illustration d'un réseau de personnes


Être bénévole, oui, mais pourquoi ?


En France, 13 millions de personnes ont décidé de s’engager au sein d’une association. Mais quel intérêt ?


La plupart des bénévoles s’engagent pour des raisons personnelles, une satisfaction de se rendre utile, de répondre à des besoins de société, à travers diverses préoccupations (francebénévolat) :

  • Défendre une cause,
  • Faire respecter ses droits et ceux des autres,
  • Rencontrer des personnes partageant les mêmes convictions


L’engagement de nos bénévoles fait partie de la vie de notre association.

C’est grâce à leur soutien, leur engagement, que nous avons pu mettre en œuvre nos projets et participer à une véritable révolution culturelle. En effet, nos bénévoles, concernés de près ou de loin par  par la création une société inclusive, sont plus que jamais indispensables. Nous ne leur dirons jamais assez MERCI.

Alors, pourquoi pas vous ?


Être bénévole chez Droit Pluriel, c’est quoi ?


Vous engager auprès de Droit Pluriel, c’est aujourd’hui, un moyen de faire entendre votre voix sur la question de l’accès au droit des personnes en situation de handicap. C’est aussi un moyen de militer et de faire barrage aux préjugés et aux freins que les citoyens en situation de handicap peuvent rencontrer pour exercer leurs droits. C’est ensemble et maintenant que nous pouvons créer une justice équitable !


Devenir bénévole pour notre association, c’est également le moyen de légitimer nos actions et de prouver que notre combat n’est pas vain, qu’il a du sens !

  • Créer une justice accessible à tous est le fruit de nombreuses démarches. Le résultat d’un long parcours. Ce parcours, nous l’avons traversé avec la bienveillance et la cohésion de toute l’équipe de notre association.

  • Nous sommes en train de renverser des concepts et des théories durablement inscrits dans notre société. Encourageons alors nos politiques publiques à traiter cette question dans les plus brefs délais.


Participez-vous aussi à ces actions et continuons ensemble les actions menant vers une véritable prise en considération de tous les citoyens.


Mais être bénévole chez Droit Pluriel c’est aussi faire partie d’une équipe motivée, dynamique et souriante ! 


Être bénévole chez Droit Pluriel c’est être accompagné par les membres de l’équipe, de l’intégration à la mise en œuvre des actions.

C’est aussi agir selon ses envies, ses compétences, ses besoins et ses disponibilités. Nous nous adaptons à chaque bénévole. Nous partons du principe que votre engagement est déjà une grande avancée.


Découvrez les témoignages de nos bénévoles !


Bien sûr, du bénévolat … ce sont nos bénévoles qui en parlent le mieux !


Voici ce que dit Anne Laure de son expérience de bénévolat chez Droit Pluriel : “Ergothérapeute de profession, je travaille en établissement de soins auprès d’une patientèle variée mais toujours en situation de handicap.

Je me suis engagée en tant que bénévole chez Droit Pluriel car j’étais trop heureuse de trouver de l’épanouissement auprès d’une association qui œuvre contre les préjugés liés au « handicap » et contre les inégalités d’accessibilité au droit, même si le droit n’est pas du tout mon domaine.

Les membres actuels de l’association sont tous résolus à atteindre, ensemble, leurs objectifs. Concernant mes rapports avec eux, ils sont aussi bienveillants qu’arrangeants, me permettant de choisir mes moyens aidants et d’organiser mon temps à leur consacrer comme je le souhaite.

En étant bénévole chez Droit Pluriel, je leur apporte mes compétences quelles qu’elles soient (acquises durant ma formation d’ergothérapeute, du terrain, ou autres). Je trouve vraiment que les projets réalisés et en cours de Droit Pluriel sont de vrais moteurs pour la société.

Alors, comment ne pas les y aider tant que je le peux ?”


Anne, elle, aime être au cœur des activités de l’association : ” En tant que bénévole, je m’occupe de répondre aux courriers des lecteurs, je participe également à différentes missions de l’association. J’interviens un jour par semaine. Grâce à la réunion hebdomadaire de l’équipe je parviens à suivre ce qui se passe même en mon absence. L’équipe est très variée ce qui est une grande richesse et permet à chacun de trouver sa place et de s’investir.”


Nous n’oublions jamais d’être à la disposition de nos bénévoles pour toute question ou tout besoin. Nous sommes ravis de pouvoir compter les uns sur les autres et nous sommes impatients de compter de nouveaux bénévoles au sein de notre équipe.

Alors, rejoignez-nous !

Écrivez à staff@droitpluriel.fr

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Parents handicapés face à la justice : le parcours du combattant

La projection débat de "Parents à Part Entière !" à la Maison des Avocats de Lyon, le 17 juin 2019.

« Si vous ne voyez pas ce que j’ai dans la main, vous ne pouvez pas avoir la garde de votre enfant » a affirmé la juge aux affaires familiales à Mickael.

Ce témoignage édifiant est extrait de « Parents à part entière », documentaire dont Droit organise la tournée dans les Ordres d’Avocat en France.

Nantes, Lyon, et Paris ont déjà accueilli cette soirée qui permet la rencontre entre professionnels du droit et personnes aveugles. Au total, 12 projections seront organisées sur l’année 2019 : autant de soirées qui permettront de faire tomber les préjugés sur la parentalité des personnes handicapées.

Ce projet fait émerger des témoignages que nous recevons depuis le début de la tournée. Il était urgent de donner la parole aux parents confrontés à une justice qui a du mal à les croire capables du fait de leur handicap.

S. a témoigné à Lyon. Son combat pour conserver la garde de ses enfants au cœur d’une machine judiciaire qui n’avait jamais envisagé son rôle de parent    « Lors de mon divorce, j’ai dû prouver, certificat après certificat, que je donnais à manger à mes enfants, que je les lavais, que je les emmenais chez le médecin quand ils étaient malades, que j’étais une mère, responsable et aimante. Aveugle et mère, j’ai dû prouver que c’était possible.  Et j’ai gagné : j’ai obtenu la garde partagée. Malgré les attaques de l’avocat de mon ex-mari, qui instrumentalisait ma cécité, j’ai gagné la confiance de la justice. Huit ans plus tard, le père des enfants a voulu m’atteindre en réclamant la garde exclusive. Les enfants allaient très bien, leurs résultats scolaires étaient excellents, il n’y a eu aucun souci pendant ces huit années. Pourtant, devant le juge, j’ai du à nouveau prouver que j’étais capable. Ces mêmes certificats humiliants m’ont été réclamés. »

Les parents handicapés racontent ces expériences d’une justice traumatisante qui présuppose leur incompétence parentale. C., atteinte d’un trouble d’élocution, raconte comment à aucun moment de la procédure, on s’est adressée à elle. Comment, enfin, son avocate, un peu gênée, lui a demandé de fournir un certificat médical prouvant que son état psychiatrique était compatible avec la garde de son fils. « J’ai des difficultés à prononcer les mots suite à mon AVC, c’est tout. Quel rapport avec la psychiatrie ? »

V., elle, est sommée de fournir des certificats médicaux prouvant que l’évolution de son cancer ne l’empêche pas de s’occuper de ses filles.

« Si un jour, ma maladie met en danger mes enfants, je saurais prendre les mesures nécessaires, je n’aurais pas besoin de l’injonction d’in juge. »

Il faut le répéter encore et encore : on peut être aveugle, sourd, en fauteuil, autiste … et être parent !

Nos partenaires sur la tournée du documentaire “Parents à Part Entière !’ dans les Ordres d’Avocats en France.
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Mission “Professionnels du Droit et Handicap” : des progrès à consolider

Remise du Prix "Changer le Regard" à l'Association Droit Pluriel


La mission “Professionnels du droit et handicap”, soutenue par la Fondation Handicap Malakoff Médéric et accompagnée par le Défenseur des Droits, a été récompensée par le CCAH (Comité national Coordination Action Handicap) dans la catégorie « changer le regard ».


Cette mission vise à former les professionnels de la justice à l’accessibilité.


En effet, l’accès des personnes handicapées au droit et à la justice est compliqué : outre les conditions matérielles qui peuvent l’entraver, certains obstacles à l’exercice des droits peuvent trouver leur origine dans la relation entre professionnels et justiciables.


Deux axes de formation sont privilégiés : améliorer les connaissances sur l’accessibilité d’une part, et faire évoluer les représentations autour des situations de handicap d’autre part.

Nous remercions chaleureusement la Fondation Handicap Malakoff Médéric, qui a choisi de s’investir dès le début pour une justice accessible à tous, et de soutenir ce projet.


Nous remercions également le CCAH pour cette distinction.


Découvrez la présentation de l’association et du projet en images réalisée par le CCAH :


Ressources :

>> Le site de la Fondation Handicap Malakoff Médéric

>> Le site du Défenseur des droits

>> La présentation de la mission “Professionnels du droit et Handicap”

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Journal de la tournée “Parents à Part Entière !” : Lyon


Droit Pluriel lance, en partenariat avec le CNB et avec le soutien de l’UNADEV et le fonds de dotation Lucie Care la tournée du documentaire « Parents à part entière ! » dans les Ordres d’Avocats de France.


L’objectif : favoriser la rencontre entre personnes aveugles et professionnels du droit.


Mieux connaître le projet : http://droitpluriel.fr/lancement-de-la-tournee-parents-a-part-entiere/


Les enjeux : le handicap, on en parle, les discours et les déclarations se succèdent. Voici un projet concret, qui peut renverser les préjugés, faire avancer réellement le regard et les pratiques. Mais comment cela se déroule sur le terrain ? On vous raconte


Deuxième étape de notre tournée : Lyon, le 17 juin 2019.

De gauche à droite : Joëlle Forest-Chalvin, avocate et présidente de la commission accès au droit du Barreau de Lyon ; Anne-Sarah Kertudo, directrice de Droit Pluriel ; Farid Hamel, avocat et bâtonnier du Barreau de Lyon ; Robert Kuiesine, responsable UNADEV Rhône-Alpes et Sylvain Thouret, avocat et président de la commission famille et patrimoine du B arreau de Lyon.

De gauche à droite : Joëlle Forest-Chalvin, avocate et présidente de la commission accès au droit du Barreau de Lyon ; Anne-Sarah Kertudo, directrice de Droit Pluriel ; Farid Hamel, avocat et bâtonnier du Barreau de Lyon ; Robert Kuiesine, responsable UNADEV Rhône-Alpes et Sylvain Thouret, avocat et président de la commission famille et patrimoine du B arreau de Lyon.


Les préparatifs :


Le Barreau de Lyon s’est mobilisé bien en amont et a activement relancé les avocats. L’UNADEV a annoncé la soirée auprès de ses adhérents et sympathisants. Les retours sont nombreux, on sait qu’il y aura du monde. Le collectif « Être ParHands » de l’APF a contacté Droit Pluriel : le combat des parents en situation de handicap, c’est aussi le leur. Ils seront là ! Une belle soirée s’annonce…


La soirée :


Après la diffusion du documentaire, la soirée démarre par le témoignage bouleversant de Souhila Omar. Ses enfants étaient petits quand elle s’est séparée de son mari voyant. Elle a produit tous les certificats prouvant que, non voyante, elle était une vraie mère : elle a demandé à la maîtresse d’école, la boulangère, à tous ceux qui la voyaient au quotidien s’occuper normalement de ses enfants. Est-il normal d’éprouver cela alors que rien en face ne mettait en cause sa bonne éducation, le soin et l’amour qu’elle portait à ses enfants ?
             
Souhila a gagné malgré une assignation qui la qualifiait de « non voyante à 100% » : ce sera une garde alternée.


Des années après, son mari remet en branle la machine judiciaire et Souhila, la voix tremblante de colère, nous raconte comment, après huit ans de garde alternée sans aucun incident, sans aucun accident, elle doit à nouveau prouver qu’elle est capable d’être mère. !


La Vice-Bâtonnière Joëlle Forest-Chalvin dénonce en effet la présomption d’incapacité que la justice fait parfois peser sur les personnes du fait de leur handicap. « Il faut avancer ! » s’exclame-t-elle.

Güler, étudiante en droit, non voyante, interroge les modalités de l’examen d’entrée à l’école d’avocats qui compte parmi ses critères d’évaluation la vitesse de lecture.  Malgré le temps supplémentaire auquel elle a le droit, Güler ne comptera jamais parmi ses qualités la vitesse de lecture. Et est-ce vraiment cela qui fait un bon avocat ?


Les témoignages ont rempli la Maison des Avocats de l’urgence de voir reconnaître aux parents en situation de handicap le droit d’élever et d’aimer sereinement leurs enfants.


On ne peut pas avoir peur de se voir retirer ses enfants du simple fait de son handicap.

Le débat bat son plein entre professionnels et le public après la diffusion de “Parents à Part Entière !”


Perspectives ?


La soirée est réussie. La qualité des intervenants a été saluée. Merci à eux.


La prochaine diffusion de notre documentaire aura lieu lors du Grenelle « Droit et Handicap » le 28 juin à Paris (Maison de la Mutualité), à partir de 10 heures.

Le prochain rendez-vous est essentiel : il réunit à la Maison de la Mutualité tous les avocats de France. C’est un événement d’ampleur, voulu par le Conseil National des Barreaux. L’UNADEV sera bien sûr présente, et on espère entendre vos témoignages qui feront encore progresser les avocats dans leurs représentations et leur connaissance de la diversité humaine.


En bonus, il y aura l’exposition de Droit Pluriel « Tes Yeux sur Mes Oreilles », parcours sensoriel autour de la surdité. C’est ouvert à tous, c’est gratuit et c’est un moment convivial que nous vous invitons à partager !


Nos partenaires :


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Journal de la tournée “Parents à Part Entière !” : Première étape à Nantes !

Mathieu Annereau, Bruno Carriou, Anne Sarah Kertudo et Louis-Georges Barret lors de la soirée à Nantes


Droit Pluriel lance, en partenariat avec le CNB et avec le soutien de l’UNADEV et le fonds de dotation Lucie Care la tournée du documentaire « Parents à part entière ! » dans les Ordres d’Avocats de France.


L’objectif : favoriser la rencontre entre personnes aveugles et professionnels du droit.


Mieux connaître le projet : http://droitpluriel.fr/lancement-de-la-tournee-parents-a-part-entiere/


Les enjeux : le handicap, on en parle, les discours et les déclarations se succèdent. Voici un projet concret, qui peut renverser les préjugés, faire avancer réellement le regard et les pratiques. Mais comment cela se déroule sur le terrain ? On vous raconte


Première étape : Nantes, le 5 juin 2019.

Mathieu Annereau, Bruno Carriou, Anne Sarah Kertudo et Louis-Georges Barret lors de la soirée à Nantes
Matthieu Annereau, Bruno Carriou, Anne-Sarah Kertudo et Louis-Georges Barret lors de la première de “Parents à Part Entière !”, le 5 juin à Nantes.


Les préparatifs :


La tournée démarre au Barreau de Nantes. Première étape, premier test. Ce Barreau ne s’annonçait pas comme la soirée la plus simple de la tournée : c’était la première, nous n’avions pas la confiance acquise par l’expérience et aucune certitude que les publics soient touchés par l’information. Bref, allions-nous nous retrouver devant une salle vide ?


Le barreau de Nantes nous avait laissé le soin de l’organisation technique de la soirée. Nous voici donc à la descente du train, les bagages dans une main, un caddie plein à ras bord dans l’autre, 50 kilos de pain perdus, sandwichs et verrines en tout genre, direction le Barreau de Nantes.


La soirée :


Le Bâtonnier Bruno Carriou a ouvert la soirée en insistant sur l’importance de la question du handicap. Il souligne les actions du Barreau sur un thème proche : l’égalité femmes hommes et rappelle que le handicap n’est pas un sujet proche mais concerne précisément l’égalité des droits.


Louis-Georges Barret, avocat membre du Conseil de l’Ordre, connu pour son engagement indéfectible pour l’accessibilité, a pris plusieurs fois la parole dans ce qui a constitué les moments forts de cette soirée. Il raconte une anecdote extraordinaire sur le restaurant Le Reflet, dont il est l’un des fondateurs : Il décrit ses salariés démunis à la lecture de leur contrat de travail. Les neuf articles leurs paraissaient incompréhensibles. De fait, handicap intellectuel ou non, il faut reconnaître que le droit a du mal à se mettre à la portée de chacun. Louis-Georges Barret ne se laisse pas arrêter par ces traditions élitistes : il « traduit » les neuf articles en français accessible et permet ainsi aux travailleurs de comprendre ce pourquoi ils s’engagent. Bravo !


Mathieu Annereau, Radhia Essassi, Anne Sarah Kertudo et Bruno Carriou lors de la soirée à Nantes
Matthieu Annereau, Radhia Essassi, Anne Sarah Kertudo et Bruno Carriou lors de la première de “Parents à Part Entière !”, le 5 juin à Nantes.


Matthieu Annereau, président de l’APHPP (Association pour la Prise en compte du Handicap dans les Politiques Publiques et Privées), lui-même non voyant, parle de la réalité des personnes aveugles et des adultes voyants qui interdisent aux enfants de poser des questions (« pourquoi le monsieur il a une canne blanche ? ») Matthieu nous rappelle l’importance d’expliquer, d’énoncer, de ne pas avoir peur de dire.


Radhia Essassi, enfin, coordinatrice du Conseil Départemental d’Accès au Droit de Loire-Atlantique, montre par des exemples très parlants comment les professionnels peuvent créer, faire preuve d’inventivité pour adapter les structures à tous. Elle raconte avec une conviction qui emporte le public la création d’une permanence juridique bilingue en langue des signes pour permettre aux Sourds de Loire-Atlantique de connaître leurs droits. Des professionnels qui font avancer la justice, ça fait du bien !


Verdict ?


Et le public ? Le Bâtonnier a déploré l’absence des avocats à cet événement.  On a senti que lui-même prenait toute la mesure de l’enjeu et l’urgence de sensibiliser ses confrères : « Nous ferons encore plus et mieux demain ! ». L’AVH (association Valentin Haüy) est représentée par l’une de ses membres, qui témoigne du manque d’information du grand public concernant la cécité, de la nécessité de former et d’informer pour que les gens comprennent qu’on peut être aveugle et mener une vie normale.

Dans le public, chacun réagit pour dire ce qui l’a touché dans le film. Des questions sont posées sur la cécité, ses conséquences : enfin les tabous sont levés.


Bruno Carriou s’entretien avec Louis-Georges Barret. Il suggère la création d’une Commission Accessibilité.


Conclusion : on a eu peur d’une salle vide, mais le public était présent. La qualité des intervenants a été saluée. Merci à eux.


Prochaine étape : le barreau de Lyon, lundi 17 juin à la Maison des Avocats.

Prochaine étape : projection débat à la Maison des Avocats de Lyon le 17 juin
Prochaine étape : projection débat à la Maison des Avocats de Lyon le 17 juin.


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Revue de Presse : Les Commandos de l’accessibilité au Tribunal de Paris

Le 28 février 2019, Droit Pluriel (représentée par Anne-Sarah Kertudo, directrice, et Maxime Lafont, assistant de direction) et la Commission Accessibilité de l’Ordre des Avocats du Barreau de Paris (représentée par plusieurs avocats dont certains en situation de handicap : Me Maxime Eppler, Me Elisa Rojas, Me Dominique Bréard, Me Benjamin Pitcho, Me Alexis Ridray) ont organisé un « commando de l’accessibilité » au nouveau tribunal de Paris.


Articles

L’objectif était d’évaluer l’accessibilité du bâtiment aux personnes en situation de handicap.

Le groupe a noté plusieurs points à améliorer, que vous pouvez retrouver ici.

Notre action a intéressé et a eu de nombreux échos dans la presse.

Voici quelques articles qui relatent le commando

 

Portes trop lourdes, écrans illisibles… Le nouveau tribunal de Paris est inaccessible aux personnes à mobilité réduite

Publié le 01/03/2019

REPORTAGE Des portes trop lourdes, une absence d’inscriptions en braille, des écrans illisibles, l’accessibilité du nouveau palais de justice de Paris est un parcours du combattant pour les personnes ayant un handicap.

 

  • Inauguré en avril 2018, le nouveau palais de justice situé porte de Clichy,
    n’a pas été conçu avec les personnes à mobilité réduite.
  • L’association Droit pluriel et la commission accessibilité de l’Ordre des
    avocats travaillent sur les points à améliorer.
  • Si des outils sont installés, ils ne sont pas tous opérationnels et leur
    existence n’est pas toujours connue du personnel du tribunal.

« Les portes tournantes ne peuvent accueillir qu’une personne. Comment je fais pour entrer en étant aveugle ? Personne ne peut venir avec moi », s’interroge Anne-Sarah Kertudo. Dès le sas d’entrée du nouveau palais de justice de Paris, le  ton de la  visite est donné. Situé porte de Clichy, ce
nouvel édifice inauguré en avril 2018présente de nombreuses lacunes
pour les personnes ayant un handicap. L’association Droit pluriel et la
commission accessibilité de l’Ordre des avocats faisaient un état des lieux ce jeudi. Et le constat est alarmant. Si l’architecture de ce tribunal imaginé par Renzo Piano impressionne, la qualité des infrastructures inquiète.

Des portes trop lourdes, un marquage au sol uniquement à l’entrée, un système d’audioguidage qui ne fonctionne pas ou encore une absence d’inscription en braille.

« Nous pouvions pardonner à l’ancien palais de justice du fait de son ancienneté mais là c’est édifiant, ce palais n’a pas été conçu avec les personnes à mobilité réduite », s’insurge Elisa Rojas, avocate au barreau de Paris en fauteuil roulant. Une visite qui ne débute pas sous les meilleurs auspices. Cette avocate ne peut regarder la table d’orientation pour se renseigner, trop haute et pas suffisamment inclinée pour une personne en fauteuil. Pas vraiment pratique pour rejoindre un lieu précis dans le Palais.

 

 

Et rejoindre une salle d’audience relève d’un véritable parcours. « C’est tout simplement impossible de se déplacer seul. Il n’y a rien pour se repérer, pas d’écrans d’accueil vraiment identifiables pour les personnes en situation de déficience visuelle, du  braille  encore  moins »,  souffle   Anne-Sarah   Kertudo,   juriste   et   directrice de l’association Droit pluriel qui souhaite rendre la justice accessible à tous.

 

 

Une fois arrivé dans une salle d’audience, se frayer un chemin s’effectue sur les extrémités. « Les places handicapées diffèrent selon les salles, tantôt reléguées au fond ou devant derrière le banc des avocats », explique l’avocat Alexis Ridray. Si les places sont plutôt bien réalisées pour le public, les avocats en fauteuil roulant n’ont pas cette chance. « Lorsque je plaide, le pupitre est souvent bien trop grand et je ne peux pas me placer sur le banc aux côtés de mes confrères, l’espace étant trop  serré », poursuit le jeune avocat.

 

 

« Nous demandons de l’autonomie puis de l’aide »

 

La commission accessibilité de l’Ordre des avocats travaille déjà sur les points à améliorer.  « Le  handicap  constitue  un  frein  majeur  à  l’accès   au   droit », soupire l’avocat et membre de la commission Benjamin Pitcho. Avant de se faire couper par Elisa Rojas. « Nous demandons de l’autonomie puis de l’aide. Les outils doivent être opérationnels, il ne s’agit pas simplement d’investir. Et surtout former les gens car nous sommes tributaires de la bienveillance quand on ne les agace pas avec nos demandes d’aides. »

La visite se termine. Et là encore un détail intrigue. « L’ascenseur ne possède pas de signaux sonores, c’est franchement désagréable », s’exclame Anne-Sarah Kertudo. Avant de renchérir, « nous allons partir mais il y a encore tellement de choses à évoquer comme la visio interprétation, la langue des signes. Elle est inexistante. » Preuve que le combat est loin d’être terminé.

 

Accessibilité du palais de Justice à Paris: des handi jugent

 

 

Moins d’un an après son inauguration, le nouveau palais de Justice de Paris est au cœur d’une polémique. Accessible ou non ? Telle est la question. Une opération commando composés d’avocats handicapés a été déployée… Leur constat est sans appel.

5 mars 2019 • Par Cassandre Rogeret / Handicap.fr

 

 

Il faisait la une des médias pour sa modernité audacieuse et son architecture spectaculaire lors de son inauguration en avril 2018… Quelques mois plus tard, le nouveau palais de Justice de Paris fait déjà polémique.

Mais que lui reproche-t-on au juste ? L’esthétique au détriment de l’accessibilité ? Pour faire la lumière sur cette affaire, un commando de l’accessibilité s’est mis en ordre de bataille le 28 février 2019. L’association Droit pluriel mène l’opération, au nom d’une justice accessible à tous, suivie de près par la commission accessibilité de l’Ordre des avocats. Le plan est simple : cinq soldats de la loi en situation de handicap déambuleront dans les différents espaces pour tester son accessibilité.

 

Une entrée pas bien accueillante…

 

Cette expédition est composée, entre autres, de trois avocats non-voyants et deux en fauteuil roulant et de membres de l’association. Les premières difficultés apparaissent, selon eux, dès le sas d’entrée… « Les portes tournantes ne peuvent accueillir qu’une personne. Comment je fais pour entrer en étant aveugle ? Personne ne peut venir avec moi », s’interroge Anne-Sarah Kertudo, juriste et directrice de Droit pluriel (dans le media 20 minutes). Quelques tâtonnements plus tard, la table d’orientation est « trop haute et insuffisamment inclinée » pour les personnes en fauteuil et ne dispose pas de système audio pour celles qui sont aveugles ou malvoyantes. Ils déplorent également des portes « extrêmement lourdes » dans tout le bâtiment, y compris pour se rendre aux toilettes, pourtant réservées aux personnes à mobilité réduite, un marquage au sol minimal, un manque d’indications en braille, un panneau d’affichage des audiences unique, « très en hauteur, dont la taille des caractères est trop petite et le défilement trop rapide » (détails en lien ci-dessous)… Au fil de cette mission, le tableau se « noircit ». Un comble pour l’architecte Italien, Renzo Piano, qui avait misé sur la lumière et la transparence.

 

Un constat sans appel

 

Du côté des bons points, les locaux sont dotés de boucles magnétiques et d’un système d’audio-guidage (Aurizone) pour les personnes déficientes visuelles. Ce logiciel localise l’utilisateur puis signale les éventuels obstacles et indique les salles d’audience. Mais, ce jour-là, si les équipements sont, en effet, installés, « ils ne sont pas fonctionnels », constatent les avocats. La visio interprétation est, quant à elle, « inexistante ». Après une visite de plus de deux heures, le constat est sans appel : « une architecture générale à risque dans un contexte chargé émotionnellement », résume l’association. Bien plus éloquent, Matthieu Annereau, président de l’APHPP (Association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées), parle d’un « cas concret de manque d’accessibilité ». Un constat difficile à encaisser pour Cyril Roth, 1er vice-président adjoint du président du Tribunal de Paris, qui affirme tout le contraire. « Je comprends l’action militante quand elle est justifiée mais, en l’occurrence, ce bâtiment respecte toutes les normes d’accessibilité les plus récentes et les plus exigeantes, sans exception. »

 

Des ascenseurs hors-normes ?

 

Matthieu Annereau, lui-même aveugle, ne s’est pas rendu sur place mais pointe pourtant des « manquements, comme l’absence de braille au niveau des ascenseurs, lourde de conséquences notamment pour Maître Bréard (ndlr : présent au sein du « commando ») qui fréquente régulièrement ce lieu et est contraint de limiter son activité ». Cyril Roth conteste : « Les ascenseurs sont totalement aux normes et peuvent tous être manipulés aussi bien par des personnes avec un handicap moteur que visuel ». Selon lui, la borne d’appel est équipée de boutons « très visibles et en relief ». Un système vocal annonce ensuite l’ouverture des portes, les étages, etc. Il approuve cependant le nombre restreint d’indications en braille mais apporte une explication : « Les panneaux en braille sont complètement rétrogrades, comparés aux facilités actuelles dont les personnes déficientes visuelles peuvent jouir aujourd’hui, Comme les applications, et, pour les trouver, il faut pratiquement être voyants ou être accompagné en permanence, c’est paradoxal, estime-t-il. Le logiciel Aurizone est quand même plus commode car il est accessible n’importe où. » Pourquoi était-il défaillant ce jour-là ?

 

Dispositifs approuvés par la préfecture de police

 

Cyril Roth tient également à souligner que les personnes handicapées bénéficient d’une entrée spécifique, « de plain-pied » avec « des portes battantes » pour garantir un accès « à n’importe quel type de handicap ». Elles peuvent ensuite être dirigées vers le SAUJ (Service d’accueil unique du justiciable), pour bénéficier d’un accès prioritaire. « L’intégralité de nos salles d’audience est accessible et dispose d’emplacements spécifiques pour les fauteuils roulants », ajoute-t-il. Quant aux portes, leur poids est justifié, selon lui. « Elles protègent contre le bruit, le feu et sont renforcées pour des raisons de sécurité, pour ne pas qu’elles soient brisées », explique-t-il. Quelle solution pour les personnes à mobilité réduite dans ce cas ? « Il est possible de solliciter l’aide des agents d’accueil ou de police présents ou de contacter le tribunal en amont pour disposer d’une assistance sur place. » Selon lui, ce débat n’a pas lieu d’être dans la mesure où ces dispositifs « ont été approuvés par la commission de sécurité de la préfecture de police de Paris ».

 

Mobiliser les pouvoirs publics

 

Campant sur ses positions, Matthieu Annereau assure tout de même avoir « remonté cette problématique aux pouvoirs publics lors du dernier Comité interministériel du handicap (CIH) ». « Le plus troublant, c’est que ce bâtiment a été inauguré treize ans après la loi de 2005…, ajoute-t-il. Compte-tenu de la symbolique d’un tel lieu, nous proposons à Nicole Belloubet, ministre de la justice, ainsi qu’à Sophie Cluzel, secrétaire d’État au handicap, de venir constater ces manquements afin d’engager un processus de mise en conformité. » En parallèle, il réclame un audit « sérieux » du Tribunal de grande instance de Paris sur cette question. De son côté, la commission accessibilité de l’Ordre des avocats planche sur les « points à améliorer ».

 

Tribunal des Batignolles : zéro pointé pour l’accessibilité

 

 

L’association Droit pluriel, qui a pour vocation de rendre la justice accessible à tous et la commission accessibilité de l’ordre des avocats du barreau de Paris, ont organisé ce 28 février 2019 un « commando de l’accessibilité » au tribunal des Batignolles. L’objectif ? Évaluer l’accessibilité du bâtiment aux personnes en situation de handicap. Le résultat est un zéro pointé. Pour les mal-voyants, le marquage au sol n’existe qu’au rez-de-chaussée, on ne trouve pas une seule information en braille dans tout le bâtiment, quant aux ascenseurs, ils sont souvent non sonorisés, sans relief et sans braille. « Il faut demander de l’aide et compter sur la bienveillance », a commenté Matthieu Juglar, avocat au barreau de Paris et mal-voyant qui a l’habitude de pratiquer le nouveau tribunal. « C’est pire que le palais de la cité pour un mal- voyant car le bâtiment est beaucoup plus compliqué ».

 

 

Boucle magnétique. Le constat n’est pas meilleur pour les malentendants. Si le symbole de
l’oreille barré est présent partout et le bâtiment équipé d’un système de
boucle magnétique permettant de se connecter à l’appareillage des personnes, il
n’est pas activé et personne ne savait le faire fonctionner lors de la visite.
À l’accueil, le verre est si épais que même les personnes ne souffrant pas de
troubles auditifs n’entendent pas les renseignements qu’on leur donne.

Obstacles. Quant aux handicapés moteurs, la présence de l’avocat Alexis Ridray a permis de montrer que les bancs des avocats dans les salles d’audience ne sont pas accessibles aux personnes en fauteuil et que les micros sont trop hauts ou trop loin pour être utilisés par une personne assise. Les portes sont si lourdes (salles d’audience, mais aussi WC, y compris ceux réservés aux personnes handicapées) qu’elles ne peuvent être ouvertes depuis un fauteuil. L’avocat, pourtant très habile dans le maniement de son fauteuil, est par ailleurs resté coincé entre les portes de l’ascenseur qui se refermaient sur lui jusqu’à ce qu’on vienne le dégager. D’une manière générale, non seulement les personnes handicapées – justiciables ou professionnels de la justice – ne peuvent pas circuler de manière autonome dans le bâtiment, mais rien n’est prévu pour les aider à s’y déplacer. « Un justiciable en situation de handicap doit, pour accéder à la salle d’audience, surmonter des obstacles qui s’ajoutent à son anxiété et le placent dans une position d’inégalité avec son contradicteur », dénonce Anne-Sarah Kertudo, directrice de l’association Droit Pluriel. Un comble pour un bâtiment flambant neuf censé incarner le navire amiral de la justice du 21e siècle.

Olivia Dufour.

 

 

Le TGI de Paris peut mieux faire pour l’accueil des personnes en situation de handicap

 

 

Ils se sont donné rendez-vous jeudi devant le nouveau tribunal de grande instance de Paris pour une opération commando. Un commando d’avocats en situation de handicap dont la mission est de tester l’accessibilité à tous de ce bâtiment flambant neuf, emblème de la justice du 21e siècle : transparente, proche du justiciable, accessible.

par Pierre-Antoine Souchardle, 4 mars 2019

Cette opération a été organisée par Droit Pluriel,
association dont l’objet est de rendre la justice accessible à tous, et la commission accessibilité de l’ordre des avocats.

Ce commando est composé, entre autres, de deux avocats en fauteuil, Mes Elisa Rojas et Alexis Ridray, et de trois non-voyants, dont Mes Matthieu Juglar et Dominique Bréard, accompagnés par quelques journalistes. Ils ne passent pas inaperçus dans la salle des pas perdus du tribunal de grande instance (TGI).

« Le tribunal de Paris permet l’accessibilité, le cheminement, le repérage et le guidage des personnes en situation de handicap », peut-on lire sur le site internet du TGI. L’auteur de ces lignes a accompagné Me Rojas
et Juglar dans leurs pérégrinations. Autant le dire tout de suite, le repérage,
le cheminement et le guidage de la salle des pas perdus au vestiaire
de l’ordre, des galeries d’instruction au service des voies de recours pénales ou du juge aux affaires
familiales n’ont pas été aussi faciles que le laisserait penser le site du
tribunal.

Déjà, la table d’orientation située dans la salle des pas perdus est trop haute et insuffisamment inclinée pour une personne en fauteuil. Et elle ne dispose pas de système audio pour une personne non voyante. Bienvenue au tribunal.

Le TGI de Paris bénéficie d’une application de guidage sonore à destination des personnes mal et non voyantes : Aurizone. C’est pour cela que le marquage au sol est minimal. Une seule ligne de guidage à l’entrée principale qui permet de rejoindre l’accueil principal. Où le personnel n’est pas forcément formé pour aider les personnes en situation de handicap.

Cette application est censée localiser son utilisateur en temps réel dans le tribunal, lui signaler des obstacles sur son parcours, lui indiquer une salle d’audience, etc.

Sur le papier, c’est parfait. Sauf que, ce jeudi, Aurizone n’a jamais localisé
Matthieu Juglar ni les deux autres non-voyants, Dominique Bréard ou Anne-Sarah Kertudo, de Droit Pluriel. Du début à la fin de leur parcours dans le TGI. Soit pendant plus de deux heures.

Précision de taille, cette application ne fonctionne que dans les espaces publics du tribunal. Dès que vous accédez à l’IGH, l’immeuble de grande hauteur où se trouvent les services de l’instruction, les greffes, les différentes sections du parquet, etc., il faut se débrouiller. Ou trouver une âme bienveillante.

Aucun des boîtiers qui commandent les ascenseurs du TGI n’est doté de chiffres en braille. Les mains de Matthieu Juglar tâtonnent. « Les boutons
sont vaguement en relief. Il faut avoir le doigt très sûr », constate-t-il, son chien d’aveugle à ses côtés.

« On a de la chance, cet ascenseur parle. » Selon l’avocat, il est fréquent que l’aide vocale ne fonctionne pas. Les galeries d’instruction sont de véritables labyrinthes pour les non-voyants. Pas de marquage au sol, pas d’indications en braille sur les portes.
Parfois, le danger peut venir d’une photocopieuse installée dans un couloir. « En matière de handicap visuel, ce bâtiment est un vrai recul », regrette Me Juglar.

Un justiciable ou un professionnel en fauteuil n’est pas en mesure d’ouvrir une porte dans ce tribunal moderne. Elles sont trop lourdes. Nous
en avons fait l’expérience aux affaires familiales avec Me Elisa Rojas. Sans l’aide d’un tiers, elle n’aurait jamais pu pénétrer dans ce service. Même constat avec les portes des salles d’audience. Sans parler de celle des toilettes réservées aux handicapées. Un comble. « Toutes les portes sont assez lourdes et comme il y en a beaucoup sur le palais, une personne en fauteuil doit être accompagnée, sinon elle ne peut pas circuler », constate-t-elle.

« On est sur une accessibilité basique. Une personne en fauteuil ne pourra pas faire ce qu’elle a à faire », déplore-t-elle.

Ce jeudi-là était sans doute le mauvais jour pour cette visite d’accessibilité. En effet, le système de boucle magnétique, qui permet d’améliorer la qualité d’écoute des personnes appareillées, n’était pas fonctionnel. Et, à l’accueil général, personne ne savait ce qu’est une boucle magnétique et encore moins comment cela fonctionne.

« Le problème, c’est qu’on pense la justice pour des gens qui voient,
qui entendent, qui comprennent et on oublie complètement que la justice,
ça doit être la justice de tout le monde.
Donc, on pense un bâtiment qui répond aux besoins d’une certaine catégorie de la population mais qui oublie énormément de gens », a résumé Anne- Sarah Kertudo, de Droit Pluriel.

Le site internet du TGI affiche les coordonnées de la référente handicap et
celles de trois personnes qui peuvent aider les personnes à se déplacer au sein du bâtiment. Selon la présidence, le parking du TGI sera bientôt accessible aux avocats à mobilité réduite.

Un premier pas vers une meilleure accessibilité ?

 

Droit de Réponse de la société Aurizone

 

 

AVOCAT

À la suite de l’article publié le 4 mars dans Dalloz
actualité et intitulé « Le TGI de Paris peut mieux faire pour l’accueil
des personnes en situation de hadicap », la société Aurizone a rédigé le
droit de réponse que voici. 

le 16 avril 2019

« Je soussigné, Cyril Courtonne agissant en qualité de président de la société
Aurizone, entends, par la présente, faire usage du droit de réponse à la suite
d’un article paru sur le site dont vous gérez le contenu
: https://www.dalloz-actualite.fr/

En effet, le 4 mars 2019, Dalloz actualité publiait un article intitulé « Le TGI de Paris peut mieux faire pour l’accueil des personnes en situation de handicap », dans lequel Aurizone, la société que je représente, fut directement mise en cause.

Ledit article faisait apparaître que : « Le TGI de Paris bénéficie
d’une application de guidage sonore à destination des personnes mal et non
voyantes
 : Aurizone. C’est pour cela que le marquage au sol est minimal. Une seule ligne de guidage à l’entrée principale qui permet de rejoindre l’accueil principal. Où le personnel n’est pas forcément formé pour aider les personnes en situation de handicap.

Cette application est censée localiser son utilisateur en temps réel dans le tribunal, lui signaler des obstacles sur son parcours, lui indiquer une salle d’audience, etc. Sur le papier, c’est parfait. Sauf que, ce jeudi, Aurizone n’a jamais localisé Matthieu Juglar ni les deux autres non-voyants, Dominique Bréard ou Anne-Sarah Kertudo, de Droit Pluriel. Du début à la fin de leur parcours dans le TGI. Soit pendant plus de deux heures.

Précision de taille, cette application ne fonctionne que dans les espaces publics du tribunal. Dès que vous accédez à l’IGH, l’immeuble de grande hauteur où se trouvent les services de l’instruction, les greffes, les différentes sections du parquet, etc., il faut se débrouiller. Ou trouver une âme bienveillante. »

Or Aurizone conteste vivement ces allégations dans la mesure où il n’a jamais été question que notre application Aurizone remplace ces bandes de guidage. Notre application fonctionne comme un GPS d’intérieur et a pour objectif de valoriser l’autonomie des personnes. Des messages sonores permettent à l’utilisateur de se situer et d’être guidé à l’intérieur d’un bâtiment.

Le jeudi 28 février, lorsque l’association Droit Pluriel a testé les dispositifs
d’accessibilité avec des journalistes, notre application était  malheureusement en maintenance, donc hors service.

Aurizone est développé pour les personnes en situation de handicap et nous travaillons avec eux pour une amélioration en continu. Nous entendons que l’application reste perfectible dans ce bâtiment, pour un guidage malvoyant. Dans ce sens, nous invitons l’association Droit Pluriel à revenir utiliser l’application le jour de leur choix et à échanger avec Aurizone à leur convenance.

Dès lors, j’exige que Dalloz actualité diffuse l’intégralité de ma réponse, et ce en vertu de l’article 13 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. »

La rédaction de Dalloz actualité ne peut que maintenir les informations publiées dans l’article cité : le dispositif ne fonctionnait pas le jour dit et c’est précisément ce qui est écrit. Rien de plus, rien de moins.

 

Article paru dans “Le Canard Enchainé”

 

 

 

Article du Canard Enchainé

 

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